Prévenir l'accident
Pour prévenir les risques d’accident à vélo et circuler en toute sécurité, il est essentiel de respecter au maximum les règles du Code de la route et d’adopter les bons comportements à vélo.
Il est également important de veiller à être correctement équipé. De nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante, l’utilisation d’un éclairage adapté à l’avant et à l’arrière du vélo est indispensable. Le port du casque est fortement recommandé pour mieux se protéger en cas de chute ou de collision. La nuit, ou lorsque la visibilité est réduite, le port d’un gilet rétroréfléchissant permet également d’être mieux visible par les autres usagers de la route. Retrouver les équipements obligatoire : ICI
Enfin, pensez à vérifier régulièrement l’état de votre vélo : freins, pneus, éclairage, sonnette et équipements de sécurité doivent être en bon état de fonctionnement.
Objectiver les risques
En France, malgré l’augmentation de la pratique du vélo ces dernières années, le nombre de cyclistes tués sur les routes tend à diminuer ou à se stabiliser selon les années. Les accidents mortels à vélo surviennent encore majoritairement hors agglomération, notamment sur les routes de campagne, où les vitesses pratiquées sont généralement plus élevées.
Les victimes d’accidents mortels à vélo sont très majoritairement des hommes, qui représentent près de 90 % des décès. Les personnes âgées sont également particulièrement représentées : une part importante des cyclistes tués a plus de 65 ans. Ces chiffres montrent que le risque d’accident grave ne dépend pas uniquement de la pratique du vélo, mais également de l’âge, du type de voie empruntée et des conditions de circulation.
Par ailleurs, le développement des infrastructures cyclables en France contribue à améliorer les conditions de circulation et à sécuriser les déplacements à vélo, qu’ils soient effectués quotidiennement ou occasionnellement. Les pistes et bandes cyclables, les zones à vitesse réduite, les intersections aménagées ou encore les itinéraires séparés de la circulation motorisée permettent de réduire les situations de conflit entre les différents usagers.
Enfin, plusieurs études mettent en évidence un phénomène appelé « sécurité par le nombre » : lorsque la pratique du vélo augmente, le risque individuel d’être victime d’un accident peut diminuer, même si le nombre total de cyclistes augmente. Ce phénomène est notamment observé dans plusieurs pays européens où la pratique du vélo est très développée.
Plus les cyclistes sont nombreux, plus leur présence devient habituelle et prévisible pour les autres usagers de la route. Les automobilistes et les autres conducteurs développent davantage de réflexes et d’habitudes de cohabitation avec les cyclistes.
On entend souvent dire que circuler à vélo est dangereux. Il est vrai que les cyclistes sont plus vulnérables que les automobilistes en cas d’accident, notamment parce qu’ils ne bénéficient pas de la protection offerte par l’habitacle d’une voiture.
Cependant, il est important de remettre ce risque en perspective. Les deux-roues motorisés, comme les motos et les scooters, présentent un niveau de risque nettement plus élevé pour leurs utilisateurs. Pourtant, leur dangerosité est souvent moins mise en avant dans les débats du quotidien.
Le risque zéro n’existe pas à vélo, comme dans tout mode de déplacement. L’objectif est donc de réduire au maximum les situations dangereuses grâce à des comportements adaptés, au respect du Code de la route, à des équipements de sécurité appropriés et au développement d’aménagements cyclables sûrs et adaptés.
Ainsi, plutôt que de considérer le vélo comme un mode de déplacement intrinsèquement dangereux, il est plus pertinent de parler de vulnérabilité du cycliste et des moyens permettant de réduire cette vulnérabilité.
Les principaux risques d'accident
La chute seul
L’une des causes les plus fréquentes d’accidents à vélo est la chute seul. Plusieurs situations peuvent provoquer ce type de chute :
- Les surfaces glissantes
Une chaussée mouillée, des feuilles mortes, des graviers, de la boue ou encore certains revêtements peuvent réduire l’adhérence des pneus. Il est donc important d’être particulièrement vigilant dans ces situations, de ralentir et d’adapter son allure. Il est également préférable d’éviter les freinages ou changements de direction brusques sur une surface glissante. - Les obstacles fixes ou non
Les trottoirs, potelets, barrières, bordures, bancs et parfois même certains ralentisseurs ou autres obstacles comme des cailloux sur les bords de route peuvent provoquer une chute, notamment lorsqu’ils sont difficiles à voir ou lorsqu’on les aborde avec une trajectoire trop proche. Il est recommandé de rester attentif à son environnement et de conserver une distance suffisante avec ces obstacles. - Les rails de tramway
Les rails peuvent également être à l’origine de chutes, notamment lorsque la roue du vélo se retrouve coincée dans la rainure du rail. Lorsque l’on doit traverser des rails, il est recommandé de les franchir avec un angle aussi proche que possible de 90°, afin que la roue ne risque pas de se coincer dans le rail. Il est également conseillé de ralentir avant la traversée et d’éviter les changements de direction au moment de franchir les rails. - Une vitesse ou un freinage inadapté
Une vitesse excessive ou mal adaptée aux conditions de circulation peut rendre le vélo plus difficile à contrôler. Un freinage trop brusque peut également entraîner une perte d’équilibre. Il est donc préférable d’anticiper les ralentissements et de freiner progressivement. - Le transport de charges
Un chargement mal réparti ou transporté de manière inadaptée peut modifier l’équilibre et la maniabilité du vélo. Pour transporter des affaires, il est préférable d’utiliser un porte-bagages avec des sacoches ou un système de fixation adapté, plutôt que de porter une charge à la main ou sur le guidon.
Pour limiter les risques de chute seul à vélo :
- Restez attentif et observez régulièrement l’état de la chaussée et les obstacles présents sur votre trajectoire.
- Adaptez votre allure aux conditions de circulation, à la météo et à l’état du revêtement.
- Anticipez les freinages et les changements de direction, notamment avant les surfaces glissantes ou les bordures.
L'emportièrage
L’un des accidents particulièrement dangereux pour les cyclistes est l’emportiérage. Il se produit lorsqu’un cycliste circule à proximité de véhicules stationnés et qu’une portière s’ouvre soudainement sur sa trajectoire. Le cycliste peut alors percuter directement la portière et être projeté sur la chaussée, voire être renvoyé vers la circulation.
Comment éviter l’emportiérage ?
- Observer les véhicules stationnés et être particulièrement attentif à ceux qui viennent de s’arrêter.
- Regarder s’il y a quelqu’un à bord : la présence d’un conducteur ou d’un passager doit inciter à la prudence.
- Repérer les feux de freinage ou les clignotants, qui peuvent indiquer qu’un véhicule vient de s’arrêter ou s’apprête à effectuer une manœuvre.
- Conserver une distance suffisante avec les véhicules stationnés. Il est préférable de ne pas rouler au ras des voitures et de laisser une marge permettant d’éviter une portière qui s’ouvrirait brusquement.
- Ne pas hésiter à prendre sa place sur la chaussée lorsque cela est nécessaire pour maintenir une distance de sécurité avec les véhicules stationnés.
- Adapter son allure : plus la vitesse est élevée, moins il est possible de réagir rapidement à l’ouverture d’une portière et plus les conséquences d’une collision peuvent être importantes.
- Anticiper les situations à risque, notamment dans les rues où de nombreux véhicules sont stationnés.
Enfin, les automobilistes ont également un rôle essentiel à jouer pour prévenir les risques d’emportiérage lorsqu’ils stationnent le long d’un aménagement cyclable ou à proximité de cyclistes. Avant d’ouvrir une portière, il est important de vérifier ses rétroviseurs et de regarder directement vers l’arrière afin de s’assurer qu’aucun cycliste n’arrive. Une astuce simple permet de faciliter cette vérification : ouvrir la portière avec la main opposée à celle qui se trouve du côté de la portière. Ainsi, pour le conducteur, il s’agit d’utiliser la main droite pour ouvrir sa portière.
Les angles morts avec des poids lourds ou bus
Les angles morts des poids lourds et des bus représentent un risque important pour les cyclistes. En raison de leur taille et de leur maniabilité, ces véhicules disposent de zones autour d’eux dans lesquelles le conducteur peut ne pas voir un cycliste, notamment sur les côtés, à l’avant et à l’arrière du véhicule.
Le risque est particulièrement important lors d’un changement de direction, d’un démarrage à un feu tricolore par exemple ou d’une manœuvre. Un cycliste qui se trouve dans un angle mort peut alors ne pas être détecté par le conducteur.
Comment agir ?
- Rester à l’arrière ou à l’avant du véhicule : évitez de doubler et de rester à hauteur de la cabine ou des roues d’un poids lourd ou d’un bus, en particulier à proximité des intersections.
- Ne jamais remonter un poids lourd ou un bus susceptible de repartir : lorsqu’un véhicule est arrêté, notamment à un feu ou dans une file de circulation, il peut redémarrer brusquement. Il est préférable de rester derrière et d’attendre plutôt que de tenter de le dépasser.
- Être particulièrement vigilant aux intersections
- Rechercher le contact visuel avec le conducteur lorsque c’est possible
- Ne pas se fier uniquement aux clignotants
Un principe simple à retenir : si vous ne voyez pas le conducteur, partez du principe qu’il ne vous voit pas.
En cas de doute, le plus sûr est de ralentir, rester derrière le véhicule et attendre qu’il ait terminé sa manœuvre. Quelques secondes d’attente peuvent éviter une situation particulièrement dangereuse.
Le dépassement rasant
Le dépassement rasant, constitue une situation particulièrement dangereuse pour les cyclistes. Il se produit lorsqu’un véhicule motorisé dépasse un vélo en laissant une distance latérale insuffisante.
Même sans contact direct, le passage très proche d’une voiture, d’un utilitaire ou d’un poids lourd peut déstabiliser le cycliste, notamment à cause du souffle provoqué par le véhicule ou d’un mouvement d’écart involontaire.
Comment réduire les risques ?
- Prendre sa place sur la chaussée : il ne faut pas nécessairement rouler au plus près du bord.
- Adapter sa position à la largeur de la chaussée : lorsque la voie est trop étroite pour permettre un dépassement sécurisé, il peut être préférable de se positionner davantage au centre de sa voie afin de dissuader un dépassement dangereux.
- S’équiper d’un rétroviseur : installé sur le guidon ou sur le casque, il permet de mieux surveiller l’arrivée des véhicules par l’arrière et d’anticiper certaines situations.
- Utiliser, si besoin, un écarteur de danger : cet équipement peut contribuer à rendre le vélo plus visible et à rappeler aux automobilistes la nécessité de conserver une distance latérale suffisante.
Les règles à respecter lors du dépassement
Lorsqu’un automobiliste dépasse un cycliste, il doit laisser une distance latérale de sécurité suffisante. En France, cette distance est d’au moins 1 mètre en ville et 1,50 mètre hors agglomération.
Pour respecter cette distance, un automobiliste peut, lorsque les conditions de sécurité le permettent, franchir ou chevaucher une ligne continue afin de dépasser un cycliste.
S’il n’est pas possible de dépasser un cycliste en toute sécurité, sans mettre en danger le cycliste, les autres usagers ou soi-même, il est préférable de patienter derrière lui jusqu’à ce que les conditions permettent d’effectuer un dépassement en toute sécurité.
Que faire en cas d'accident ?
En cas d’accident de trajet ou de travail :
- Le déclarer à l’employeur dans les 24h
- La sécurité sociale assure une prise en charge des frais médicaux à 100%
Accident sans un tiers
Prise en charge des dommages corporels :
- Sécurité sociale
- Mutuelle
- Assurance individuelle accident
Prise en charge des dommages matériels : Assurance individuelle accident
Accident avec un tiers
- Établir un constat, accumuler preuves et témoignages : vous pouvez réaliser votre constat directement par téléphone sur E constat Auto
- Sans véhicule motorisé : la responsabilité civile du responsable de l’accident est engagée
- Avec un véhicule motorisé : l’assurance auto/deux-roues motorisées est engagée pour les dégâts corporels (et matériels en cas de responsabilité)
- Accident causé par un tiers, avec dommages corporels : le déclarer à la Sécurité sociale
